17 juin 2016

Bilan de la deuxième journée Gérard Burel

Bilan de la deuxième journée Gérard Burel

Le Conseil départemental de l’Orne a organisé jeudi 16 juin à l’intention des spécialistes du patrimoine, des élus et des financeurs, la deuxième journée Gérard Burel à l’Hôtel du Département à Alençon. Cette manifestation a réuni des experts de la France entière et 180 participants venus de l’Orne, mais aussi des départements voisins et du grand Ouest.

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Il faut dire que le thème retenu ‘‘Les églises demain, entre usage partagé et reconversion’’ intéresse de plus en plus de municipalités devant faire des choix pour définir l’avenir de ce patrimoine dont la majeure partie n’est plus régulièrement utilisée pour le culte. Compte tenu des questions sensibles abordées, les échanges ont donné lieu à une grande ouverture des débats.
Alain Lambert, président du Conseil départemental de l’Orne, a ouvert cette deuxième journée Burel en précisant : « Cette journée vise à réunir des personnalités et des institutions afin qu’elles conduisent ensemble des travaux destinés à éclairer les enjeux de la préservation, de la réhabilitation et de la transmission du patrimoine. Question au coeur de la responsabilité des élus. Ils ne représentent pas seulement les générations présentes et votantes, mais aussi celles qui les ont précédées et celles à naître. Ils sont à l’échelle de la société ce que les familles sont à l’échelle des citoyens, c'est-à-dire des maillons de longues chaînes que sont les civilisations. »
Dans l’Orne, des bâtiments majeurs sont en quête de restauration et d’affectation et notamment les églises ou chapelles. Compte tenu de la situation financière des collectivités, la question de la restauration de ces bâtiments s’impose et s’imposera avec insistance dans un avenir proche.
Des églises, de plus en plus fermées et de moins en moins utilisées pour le culte, vont-elles progressivement basculer vers un usage laïc pour être transformées, comme on peut déjà le voir, en salle d’exposition ou de concert ? Pour aborder ce thème sensible, des experts de la France entière sont venus apporter jeudi des informations et des réponses aux interrogations des élus et des associations de sauvegarde. Rénover oui, mais pour quoi faire ? C’est la question qui a dominé les débats au cours de cette deuxième journée Gérard Burel, ancien président du Conseil général de l’Orne décédé en 2012, et qui a pour ambition de devenir un rendez-vous national régulier.

Usage partagé et reconversion

Benoît de Sagazan, rédacteur en chef du Monde de la Bible, créateur de Patrimoine-en-blog, a justement apporté son point de vue sur la fonction des églises, dont certaines ne sont utilisées qu’une fois par an pour le culte. Stéphane Créange, adjoint au sous-directeur des monuments historiques et des espaces protégés, et Marie Sémery, bureau de la conservation du patrimoine immobilier, Direction générale des patrimoines, Ministère de la Culture et de la Communication ont précisé la procédure de désaffectation cultuelle, ses conséquences et son articulation éventuelle avec la protection au titre des Monuments historiques. Un exemple concret de transformation a été relaté par Louis Hamel, maire-délégué d’Ecouché-les-Vallées avec l’église de Vaux-le-Bardoult, un centre culturel aux champs.
Bruno Morel, architecte du patrimoine, enseignant à l’Ecole nationale d’architecture de Lyon, a livré son point de vue de praticien sur les limites à la reconversion des lieux de culte et commenté les résultats d’un sondage sur la question mené auprès de jeunes âgés de 18 à 25 ans. Son propos était illustré de nombreux exemples, tout comme celui de Patrice Besse, agent immobilier président d’un réseau national de vente d’édifices de caractère.

« L’école d’Alençon »

Le monde ecclésiastique, représenté par Mgr Jacques Habert, évêque de Séez, président du groupe de travail de la Conférence des évêques de France sur les églises, s’est largement exprimé, entre autres, sur les enjeux pastoraux.
La question du devenir du mobilier en cas de transformation a également été évoquée par Lise Auber, conservatrice des antiquités et objets d’art de Seine-Maritime, à partir des exemples d’églises rouennaises.
Le bilan de la situation en Bretagne, où la pratique religieuse baisse comme partout en France, a été dressé par Yann Celton, conservateur délégué des antiquités et objets d’art du Finistère, et a permis de reprendre l’ensemble des problématiques.
En conclusion, Benoît de Sagazan a souligné la densité des interventions et la qualité des échanges nourris, n’hésitant pas à qualifier l’esprit de la journée d’ « école d’Alençon ».

Retour sur la journée en vidéos 

  1. Introduction par Alain Lambert
  2. Benoît de Sagazan - Des églises pour quoi faire ?
  3. Stéphane Créange et Marie Sémery - Les préalables à la réutilisation : La désaffectation cultuelle et ses conséquences
  4. Louis Hamel - L'église de Vaux-le-Bardoult, un centre culturel aux champs
  5. Bruno Morel - Quelles limites à la reconversion des lieux de culte ? Quelques exemples et retour sur les résultats d'un sondage d'opinion
  6. Mgr Jacques Habert - Églises et enjeux pastoraux
  7. Patrice Besse - Églises à vendre : Un marché en devenir
  8. Lise Auber - Églises désaffectées : La question du mobilier
  9. Yann Celton - Les églises bretonnes, entre usage partagé et reconversion
  10. Conclusions avec Benoît de Sagazan
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