13 mars 2017

Connaître notre histoire c’est conjurer la barbarie

Association Histoire et Patrimoine

Le Conseil départemental de l’Orne, la commune de Damigny, et l’Association Histoire et Patrimoine de Damigny, organisent l’exposition ‘‘Damigny, le camp de prisonniers 1939/1948’’ dans la salle d’exposition de la bibliothèque municipale. Le vernissage s’est déroulé samedi en présence de Sophie Douvry, vice-présidente du Conseil départemental, représentant Christophe de Balorre, président.

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Cette exposition est l’occasion de mieux connaître la vie dans le camp des prisonniers de Damigny à l’aide de documents d’époque et des dessins de Bil Spira, caricaturiste autrichien de grand talent. Jusqu’au 12 avril, les visiteurs pourront aller à la découverte d’un camp qui a accueilli au fil du temps, entre 1939 et 1948, des Français, Anglais, Américains et Allemands.

Des témoignages d’anciens prisonniers permettent également de comprendre la vie dans ce camp. Les correspondances que l’on peut découvrir nous révèlent l’état d’esprit de ces prisonniers. Après la guerre et jusqu’en 1948, leur sort s’améliore. Chapelle, théâtre, cinéma, terrain de sports apparaissent pour améliorer les conditions de vie. Des conférences sont même proposées aux détenus. En journée au cours de cette période d’après-guerre, les prisonniers allemands sont principalement occupés dans les champs.

« En ces temps dangereux, où les guerres nous menacent, faisons-en sorte de ne pas oublier notre histoire et les chemins de misères et de sang nécessaires pour retrouver notre liberté. Le Débarquement, la Bataille de Normandie et son dernier chapitre ornais, la poche de Falaise-Chambois, sont inscrits dans notre mémoire collective et nous rappellent la valeur de la liberté ! Mais la plupart d’entre nous n’a pas connu cette époque et ne mesure pas l’ampleur du danger et l’héroïsme qu’il a fallu déployer pour sortir de l’enfer de la barbarie. C’est pourquoi, je vous invite ardemment à aller visiter cette exposition retraçant l’histoire du camp de Damigny. En 2014, à l’occasion du 70e anniversaire, nous avions inauguré la plaque commémorative de ce camp, inscrite dans notre histoire. » explique Alain Lambert, vice-président du Conseil départemental.

L’Orne, comme beaucoup de départements français, a accueilli dans la période de la Seconde Guerre mondiale, un camp de prisonniers. De 1939 à 1948, ce camp a vécu au rythme de l’avant-guerre, de la guerre et de l’après-guerre à Damigny.

Un camp ouvert de 1939 à 1948

En 1939, la France s’apprête à entrer en guerre contre l’Allemagne nazie. Le problème des étrangers, non enrôlables dans l’armée française, se pose au gouvernement. Une circulaire, datant de 1939, exclut de l’armée les ressortissants des territoires contrôlés par l’ennemi, y compris les juifs et les opposants à Hitler, qui ont fui le nazisme. Au total, 18 à 20 000 étrangers seront dirigés vers des camps au nombre d’une centaine sur l’ensemble du territoire français.

L’ouverture du camp de Damigny intervient durant la ‘‘drôle de guerre’’. En février 1940, 258 personnes seront internées. Le camp continuera de recevoir des étrangers qui seront au nombre de 500 en mars.

20 000 prisonniers allemands

Lorsque les Allemands s’installent dans l’Orne, ils libèrent les réfugiés. Au cours de l’Occupation, le camp remplit cinq missions. Dans un premier temps, les Allemands l’utilisent pour regrouper les prisonniers de guerre français, qui seront ensuite transférés en Allemagne. Le camp devient ensuite un hôpital vétérinaire pour chevaux malades de l’armée allemande.

A partir de 1941, il est transformé en dépôt de matériel. Mais le camp de Damigny est rapidement utilisé pour le regroupement des requis pour le STO et des juifs avant leur départ pour l’Allemagne. Les résistants arrêtés par les nazis passeront également par ce camp de même que les soldats anglais et américains lors de la Libération en juin 1944.

A la libération d’Alençon, le camp passe sous administration américaine avant d’être rendu aux Français en mars 1945.

Le dépôt 31, d’après la nomenclature administrative, accueille plus de 20 000 prisonniers allemands répartis dans de nombreux commandos destinés au déminage, à la reconstruction et dans le secteur agricole.

En juillet 1947, ils seront près de 2 500 prisonniers à travailler dans les fermes ornaises. Ils contribuent au rapprochement entre Français et Allemands favorisant la naissance d’une culture de paix.

Le camp fermera définitivement ses portes en 1948.

Pratique :

Exposition Damigny, le camp de prisonniers 1939/1948 jusqu’au 12 avril
Salle d’exposition de la bibliothèque municipale de Damigny
Ouverte tous les mardis et mercredis de 16h30 à 18 h et les samedis de 10 à 12 h.
Fermé le samedi 8 avril

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