Grandes dates

L’Orne contemporain est l’héritier d’une tradition industrielle pluriséculaire. Métallurgie, textile, imprimerie…

Les activités traditionnelles ont façonné le territoire et contribué à l’émergence d’une véritable culture de l’innovation et de l’adaptabilité. Aujourd’hui, l’Orne reste à la pointe des évolutions technologiques, avec l’arrivée en force des métiers du télé-travail.

L’Ancien Régime

Dès le XVIIIe siècle, l’Orne compte parmi les territoires les plus dynamiques de France.
Le principal moteur du développement économique ? La production agricole, spécialisée dans les céréales, les fruits et les produits laitiers.
Le rendement élevé des exploitations permet une exportation massive vers les autres provinces du royaume. En 1789, alors que la plupart des territoires français produisent à peine de quoi faire vivre leurs habitants, l’Orne exporte plus de 25 % de sa production annuelle de fromages.
 
Au-delà de nos frontières, la réputation du territoire tient à la qualité de sa production textile.
Dans les régions d’Argentan, d’Alençon et de Mortagne, les innombrables ateliers de la puissante industrie toilière fabriquent des draps expédiés dans toute l’Europe. Et avec la création du célèbre « point d’Alençon » par Madame de La Perrière, la production dentellière prend son essor dès 1650.
Techniques de l’aiguille, des fuseaux ou du filet… Alençon, Argentan et La Perrière deviennent des villes de référence, reconnues pour l’habileté et l’ingéniosité de leurs ouvrières. 
 
Mais pour les paysans pauvres, le principal pourvoyeur d’emploi reste la métallurgie. Les forges, les fonderies et les tréfileries forment un réseau serré de petites fabriques, établies au bord des cours d’eau. Le développement de la sidérurgie au XVIIIe siècle leur permet d’accroître leur production et de jouer un rôle-clé dans la vitalité économique du territoire.

La Révolution Industrielle

Au XIXe siècle, l’essor démographique soutient l’expansion de la production agricole et l’apparition d’industries mécanisées, destinées à la production de masse.
 
Activité traditionnelle depuis la création par Colbert du Haras National du Pin, l’élevage du cheval connaît son âge d’or à partir de 1850, grâce aux besoins conjugués de la Compagnie des omnibus parisiens et du marché américain. Les Percherons, jusqu’alors réservés aux travaux des champs, battent désormais le pavé des grandes métropoles.
 
Les activités traditionnelles de l’Orne, textile et métallurgie, se transforment pour devenir des activités modernes, aux rendements et aux chiffres d’affaires élevés. L’industrie cotonnière s’installe à Flers en 1850. La métallurgie se diversifie avec la création de la plus grande épinglerie de France. Au début du XXe siècle, le développement massif de l’imprimerie marque l’entrée définitive de l’Orne dans un système d’économie de marché.

L’Orne contemporain

L’après-guerre voit le renforcement du tissu industriel de l’Orne, avec l’implantation d’entreprises d’envergure internationale : Moulinex en 1954, Philips et M.C.I. en 1957.
Mais surtout, au XXe siècle, l’Orne accompagne le bouleversement majeur du monde du travail : l’accroissement considérable du poids du secteur tertiaire dans le paysage économique. Actuellement, services et commerces réunis représentent près de 68 000 actifs, soit 60 % des emplois du département.
 
Depuis dix ans, le département bénéficie à plein du développement des nouvelles technologies de la communication (téléphonie mobile, haut débit accessible sur l'ensemble du département). Avec le développement du télé-travail, cadres et entreprises s’installent en nombre dans l’Orne, pour bénéficier d’un cadre de vie préservé à seulement 1h40 de Paris.
En 1998, une plate-forme téléphonique est créée à Saint-Céneri-le-Géréi. Depuis 2003, le village d’Essay accueille un réseau de télé-travailleurs indépendants dans le secteur des arts graphiques, de l’informatique, de la presse et de l’édition.
 
La vitalité économique du département se traduit en outre par un taux de chômage plus faible que la moyenne nationale : seulement 8% de la population active contre 9,1% au niveau national (mai 2006).