Benoît Delomez
Benoît Delomez

Benoît Delomez

Plasticien et photographe

Plasticien et photographe, Benoît Delomez, 51 ans, a fait naître à Athis-de-l’Orne un jardin pas comme les autres. Derrière sa maison, entre mille variétés de plantes, poussent des œuvres d’art. Son « Intérieur à ciel ouvert » est ouvert tout l’été aux curieux.

Dix univers artistiques et naturels

Ils ont défriché un terrain humide et planté les premières fougères, il y a plus de dix ans. Pas botanistes, plutôt artistes. L’été dernier, Benoît Delomez et sa femme, Dominique, ont ouvert pour la première fois leur jardin au public. Un « Intérieur à ciel ouvert », dans lequel l’ancien designer d’espace a imaginé dix univers, poétiques, intimistes ou ludiques, où se côtoient sources d’eau, plantes sauvages et œuvres d’art. Les fleurs percent, les bambous chantent.

Au printemps, le calendrier s’est bousculé. Début mai, le jardin, désormais inscrit dans le réseau des « Parcs et jardins », a accueilli ses premiers visiteurs. Durant tout le mois, des résidences d’artistes se sont succédé en milieu scolaire et chez l’habitant, en préparation de la 2e édition d’ARTerritoire, une manifestation d’art contemporain imaginée par Benoît et Dominique. Depuis le 2 juin et pendant trois mois, les œuvres réalisées sont exposées en pleine nature, sur un parcours de 20 kilomètres autour d’Athis. La promenade finit sa course au jardin. Nichée au bout du chemin du lavoir, la maison Delomez est une ruche.

Le cube, sa marque de fabrique

à 31 ans, Benoît Delomez tire un trait sur sa carrière de designer d’espace à Paris. « J’avais l’impression d’être un chef de chantier plus qu’un créateur. » Il revient à ses premières amours, la peinture et la photo, et au bocage ornais. Premières expositions, premières résidences. L’artiste forge son style et sa manière. La photographie associée au miroir, le cube et le carré deviennent sa marque de fabrique. Il crée des installations in situ « où l’œuvre prend corps dans le décor et où l’humain n’est jamais loin ». Mémorial de Montormel, remparts de Saint-Lô, château de Falaise, hôtels particuliers à Paris accueillent ses œuvres, pour un jour ou quelques mois.

Vulgariser l'art contemporain

S’il aime enserrer son travail dans des cubes, il milite, a contrario, pour décloisonner l’art contemporain, ouvrir les portes au grand public. De 1994 à 2001, il organise à Bagnoles-de-l’Orne le Salon d’Art Contemporain Ornais (SACO), pour lequel des dizaines d’artistes exposent chaque année. Lors de la dernière édition, en extérieur, Benoît déploie une cascade de miroirs dans l’éboulis rocheux du Roc au Chien.

Entre 1997 et 2000, il convainc 35 artistes bas-normands d’ouvrir les portes de leurs ateliers pour un « Itinéraire » artistique sur deux week-ends. En parallèle, il cofonde le centre d’art contemporain 2 Angles à Flers. La galerie accueille des expositions et résidences, propose une artothèque. Il y installe son atelier. En 2010, l’aventure se termine ; une autre commence. Le plasticien va cultiver son jardin : 3 000 m2 et plus de 1 000 variétés de plantes à mettre en œuvre chaque année. L’artiste ne se contente plus d’entrer en résonance avec le paysage. Il le crée.