Céline Gualde
Céline Gualde
Céline Gualde

Céline Gualde

Journaliste spécialisée sports équestres

Cavalière amateur, Céline Gualde est devenue journaliste spécialisée dans les sports équestres à Paris. En 2009, elle s’est installée à Sainte-Gauburge, dans l’Orne, pour ouvrir son haras. Entre deux reportages pour la chaîne de télé Equidia, elle fait naître de futures bêtes de course.

Le van arbore le logo du haras : un petit cheval à balance. « Parce que petite, je me voyais vivre au milieu des chevaux. Cette exploitation, c’est un désir d’enfant qui se concrétise. » Céline Gualde, 38 ans, a le sourire de ceux qui gagnent leur vie en la rêvant et taillent leur route comme on croque un fruit mûr. Avec délice. De son bureau, elle voit ses juments paître en liberté. Mais il ne faut pas s’y méprendre : Céline est une bosseuse. Elle commence à travailler à 20 ans, à la sortie de l’école de journalisme de Bordeaux, d’abord à France 3 Région puis à la rédaction du magazine L’Eperon à Paris. Cavalière en club, elle renonce à en faire sa carrière, sous l’insistance appuyée de son père médecin, et décide d’entrer dans le monde du cheval par la porte du journalisme. Elle devient spécialiste des sports équestres. Les candidats sont rares ; l’équitation fait moins recette que le foot. Cette singularité sera un atout. Journaliste encore peu expérimentée, elle couvre les Jeux Olympiques d’Atlanta et rejoint en 1998 l’Equipe TV, alors en création, pour présenter le journal.

Une autre vie à Sainte-Gauburge

Quatre ans après, estimant avoir fait le tour de la question et désormais mère de deux enfants, elle prend la liberté de devenir pigiste pour la chaîne sportive et la presse généraliste (Le Point, la Tribune, Famili, TGV Magazine…). En 2004, Equidia, la première chaîne de télévision thématique, lance « Des brides et vous », une émission généraliste sur le cheval, et la sollicite pour animer une chronique sur les sports équestres. Elle réalise plusieurs documentaires et collabore à une émission quotidienne sur le Quinté + pour Canal +. En 2007, elle devient rédactrice en chef adjointe d’Equidia, avec en ligne de mire, les JO. Pendant un mois l’année suivante, elle commente la totalité des épreuves en direct de Hong Kong.

Dans le même temps, Céline a déjà commencé une autre vie, à Sainte-Gauburge dans l’Orne. Elle a repris des études d’agriculture dans son Limousin natal, et décroche en un an un brevet professionnel de responsable d’exploitation équestre. Elle rêve de haras à la campagne. « Mon mari était d’accord, à condition que ce soit un vrai projet d’entreprise et pas une maison de campagne pour Parisiens. » Imaginé initialement dans le Limousin, le projet prend corps dans l’Orne, au cœur de la filière équine. Le couple rachète une ferme de vaches laitières de 36 ha qu’il transforme en poulinière en moins d’une année. Les juments de race boulonnaise, pur-sang et selle-français y seront accueillies toute l’année pour être saillies ou mettre bas. La première pensionnaire arrive en septembre 2009. C’est une ex-star des hippodromes, Fan Idole. Céline jubile. Son carnet d’adresses constitué au fil des reportages est un sésame pour la petite entreprise.

Les Mondiaux de 2014 à domicile

Malgré son installation ornaise, Céline a gardé son poste chez Equidia. Désormais, elle télétravaille et se rend au siège de la rédaction, à Colombes (Hauts-de-Seine), deux fois par semaine. Les week-ends, elle commente en direct les épreuves équestres aux quatre coins du globe. Son mari, journaliste financier, a monté sa propre agence de communication. Les enfants sont scolarisés au village et l’aîné, 10 ans, a monté son petit commerce d’œufs fermiers qu’il vend à la capitale. Au printemps, 25 juments s’égaillaient dans les prés. Céline s’occupe des chevaux, son mari des champs. Ils ont recruté une salariée à temps plein pour les soins quotidiens. Si le journalisme reste officiellement sa première activité, elle consacre autant de temps à gérer sa poulinière. Cet été, sa première jument va courir sous ses couleurs au galop, casaque beige et diabolo bleu, tandis qu’à Equidia, elle prépare déjà les Jeux Equestres Mondiaux 2014. Elle y voit « une belle opportunité pour la chaîne et pour la filière équine de se mettre en avant. Sur ce coup-là, je me sens très normande. »