Concrete Knives

Concrete Knives

groupe de musique

Concrètement pop

Mais que se passe-t-il à Flers ? Un souffle Indie pop rock souffle sur la ville. Entre le succès des Chocolate Donuts et celui des Concrete Knives, l’Orne s’affiche comme un joli vivier de jeunes musiciens de talent. Portrait des Concrete Knives.

Quatre garçons et une fille. Pour un groupe de musique, rien d’anormal. Une chanteuse, un batteur, un bassiste, un guitariste-chanteur et un clavier. Formation classique. Concrete Knives est l’un de ces groupes émergents de la scène normande. En 2008, ils ont à peine un an et remportent le concours AÖC du Cargö. Ils gagnent un an de suivi et de répétition et quittent leur studio de Flers, pour ceux, rutilants, de la salle caennaise. Une première porte s’ouvre.

Les musiciens s’installent dans la capitale normande et partagent leur temps entre études et

répétitions. Pleins de fraîcheur, mais pas totalement naïfs, ils savent que vivre de leur art n’est pas donné à tous et assurent leurs arrières. «On ne veut pas finir complètement aigris et frustrés à 35 ans. Si ça ne marche pas, on pourra toujours faire autre chose », calcule tout

de même Nicolas, guitariste et chanteur du groupe.

Aujourd’hui, ils ont en moyenne 23 ans et n’interrogent pas trop l’avenir. «Toutes les conditions sont réunies pour que l’on se donne à fond dans le projet, alors on y va. » Ils vivent de  petits boulots, répètent et s’entourent judicieusement. Tant et si bien qu’en décembre dernier, ils décrochent une place aux Transmusicales de Rennes, à 2h du matin, entre un groupe anglo-saxon et des Belges. «C’est très étrange de se sentir considéré comme un groupe anglais», reconnaît Nicolas.

 «Un mini-album en avril »

Les interviews s’enchaînent et le public adhère. En avril, ils sortent un mini-album de 5 titres, enregistré dans le Perche, au Hameau. Une carte de visite pour trouver un label, d’ici l’année prochaine, espèrent-ils. En ligne de mire, la sortie d’un véritable album.

Mais il leur reste encore du chemin à parcourir. «Et rien ne sert de leur couper les ailes », prévient leur manager, Romain Pellicioli de Dakatour, agence de management et de production normande. Traduisez, il ne faut pas aller trop vite. Les cinq en ont bien conscience. «Ce n’est pas parce que nous avons joué aux Trans que nous allons vivre demain de notre musique. Nous le savons très bien pour avoir des copains qui sont passés par là et qui, au final, ont été assez déçus des retombées.» Alors entre le rêve de partir jouer aux Etats-Unis (qui est en passe de se concrétiser). et un futur incertain, les Concrete Knives ont pris le parti de vivre au présent autant que possible. «Notre mode de vie, ce sont nos valeurs. Nous avons une vie alternative où nous passons beaucoup de temps ensemble, pour faire un tas de choses et notamment créer», explique Morgane, la chanteuse. «Ce que nous partageons, comme les petites tournées organisées à l’arrache, c’est ce qui nourrit le groupe. C’est le plus important, la technique vient après cet esprit là.» D’ailleurs, ce qu’ils aiment chez les autres ce n’est pas tant leurs prouesses musicales que l’émotion que dégage leur musique. C’est également selon cette corde sensible qu’ils se sont choisis. Dernière arrivée, Morgane les a rejoints suite à une soirée, à Nantes, où le contact est très bien passé. «Je n’avais jamais chanté, mais je voulais être chanteuse dans un groupe.» Jackpot. «Elle donne une vraie dynamique au groupe », reconnaît leur manager. Un petit grain d’insouciance supplémentaire qui les nourrit si bien. Et qui aujourd’hui les porte déjà sur les scènes parisiennes.