Franck Goldnadel

Franck Goldnadel

Il pilote Charles de Gaulle

L’Orne est son berceau familial et le décor de son enfance. Franck Goldnadel dirige l’aéroport de Paris - Charles de Gaulle, après avoir été aux commandes d’Orly. Une carrière de haut vol.

« C ’est une mission riche, passionnante, prenante. Mais on ne dirige pas un aéroport tout seul.» Un aéroport ? « C’est une ville qui voit passer de 150 000 à 200 000 voyageurs chaque jour, des gens qui pleurent, rient, se retrouvent, vivent... Ici travaillent 86000 personnes exerçant de multiples métiers et appartenant à plus de 700 entreprises.»Parmi eux, 3000 salariés des Aéroports de Paris et plus de 10000 employés d’entreprises partenaires sont sous la responsabilité directe de Franck Goldnadel.Voilà pour les chiffres. Mais pour le directeur l’essentiel est ailleurs: «La mission incontournable est la sécurité. Ensuite, la qualité de notre accueil doit satisfaire nos clients qui sont à la fois les compagnies et les passagers. Nous sommes la première et/ou la dernière image que les voyageurs auront de la France. Et la seule pour les 30% de passagers en transit. Notre activité progresse et nous améliorons constamment nos standards de qualité. Il faut toujours tirer parti de l’expérience pour progresser, mais je suis fier du travail qui se fait ici.»

« Le premier sourire »

Signe d’une passion précoce et jamais démentie, ses premiers avions, Franck Goldnadel, les a construits en Lego (depuis, il a récidivé avec son fils). On l’aurait imaginé pilote, lui aussi : «J’ai passé les concours pour être pilote et la question s’est posée. Mais j’avais une famille et j’ai renoncé.»

Pour l’enfant de l’Orne, les émotions auront été d’un autre ordre avec les imprévus quotidiens qui mangent son emploi du temps et les crises, parfois, qu’il faut gérer : « La tempête de 1999, les épisodes neigeux, ce volcan islandais qui paralyse les aéroports européens cinq jours...» Ou des moments plus dramatiques encore. Il préfère évoquer l’accueil de réfugiés (« Pour eux, le premier sourire sera celui des gens de l’aéroport») ou la Coupe du monde 1998, avec l’arrivée des dieux brésiliens du football et leur décollage retardé au retour parce que, « après la finale perdue, le commandant de bord était en larmes. » Certains développements de l’aéroport l’ont marqué : « Les constructions de nos terminaux ont été à un momentles plus grands chantiers de France.»  

« Je suis un Fertois »

Pour autant, le pilote du 1er aéroport européen pour le fret et du 7e aéroport mondial pour le trafic passagers n’a jamais oublié les horizons du bocage :  « Mes grands-parents étaient à Vire, mon père faisait les marchés dans l’Orne avant de prendre un commerce avec ma mère, rue de la Victoire, à La Ferté-Macé. Je suis un Fertois, j’y ai vécu mon enfance et le collège jusqu’à 13-14 ans. Les rues, l’école, les copains, le judo, le volley, le tennis...  On n’oublie jamais son enfance.»

A l’attention de son attachée de presse qui assiste à l’entretien, il prend le temps d’évoquer deux spécialités locales qui l’ont marqué: les gâteaux feuilles d’automne et les célèbres tripes Châtel. Et il détaille les paysages et charmes de Bagnoles-de-l’Orne, haut lieu des promenades familiales.

S’il a choisi pour résidence un autre environnement thermal, celui d’Enghien-les-Bains, l’Orne reste dans son cœur. Il y emmène son épouse et ses trois enfants, Eva 14 ans, Nathan 11 ans et Clara 8 ans:  « D’ailleurs, en parler me donne envie d’y retourner. Une fois de plus, je vais leur raconter par où je passais à pied entre l’école et la maison, ce que je faisais ici et là. Ils connaissent ça par cœur, mais ça ne fait rien... Et il y a quand même une chose dont je rêve, c’est de revenir à la Ferté-Macé un jour de braderie...»

Ici l’Orne

Invité par le réseau des Ornais de Paris, Franck Goldnadel y a adhéré d’autant plus volontiers qu’il lui arrive, étant fréquemment cité par la presse, d’être sollicité sur les réseaux sociaux par d’anciens condisciples de l’école primaire ou du collège: « cela permet d’avoir des échanges encore aujourd’hui, c’est appréciable.»

Carrière

Né à La Ferté-Macé le 14 août 1969, Franck Goldnadel est ingénieur diplômé de l’école nationale de l'aviation civile. Sa carrière commence chez Airbus Industries. Très vite (1994), il rejoint le groupe Aéroports de Paris et Paris - Charles de Gaulle où il va diriger le développement d’une filiale en charge des prestations d'assistance en escale, l’exploitation des terminaux E/F/G et la gare TGV. De janvier 2010 à février 2011, il est directeur de l’aéroport d’Orly avant de revenir aux commandes de Paris - Charles de Gaulle.

Deux Ornais à la tête des aéroports parisiens

Orly et Paris-Charles de Gaulle appartiennent au groupe Aéroports de Paris. Franck Goldnadel est membre du comité exécutif dont le président est un autre Ornais, Augustin de Romanet. Ce haut fonctionnaire, qui fut aussi élu municipal de Bellême et directeur de Cabinet d'Alain Lambert au ministère des Finances, a exercé des responsabilités dans plusieurs cabinets ministériels, été secrétaire général adjoint de l’Élysée, directeur de la Caisse des dépôts et consignations (lire ses portraits dans l’Orne magazine n°73 - automne 2008 – orne.fr et sur ornais-de-paris.org).