Yvanie Caillé

Yvanie Caillé

Directrice générale - Fondation de l’Université Pierre et Marie Curie

Directrice générale de la toute nouvelle Fondation de l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC) à Paris, Yvanie Caillé est ornaise.

Un département et une ville, Alençon, où elle est née qu’elle n’oublie pas. L’école primaire de Saint-Germain-du-Corbéis est bien loin dans la mémoire d’Yvanie Caillé. Tout comme le collège Racine et le lycée Marguerite de Navarre à Alençon. « Ce sont des bons souvenirs », sourit l’ex-Ornaise devenue Parisienne, activité professionnelle oblige.

Le Bac en poche, la jeune étudiante prend alors le chemin de Caen et des classes préparatoires du lycée Malherbe. « J’ai ensuite intégrée l’INSA de Rouen, une école d’ingénieurs, pour une spécialité en finances. » A la sortie de l’école, elle travaillera dans différents établissements bancaires parisiens.

Mais la carrière toute tracée va prendre une autre voie en 2005. « Là, j’ai complètement changé de direction. Engagée comme bénévole dans des associations en faveur de la greffe d’organes, je suis devenue directrice d’une toute nouvelle fondation « Greffe de vie », en création à ce moment-là. »

Le virus de la fondation va désormais suivre Yvanie Caillé

Voilà deux ans, elle rejoint une nouvelle aventure, sans arrêter pour autant son engagement en faveur du don et de la greffe au sein d’un groupe de réflexion. Une autre fondation, celle de la prestigieuse Université Pierre et Marie Curie (UPMC), 1ère université française souvent présentée comme le plus grand complexe médical et scientifique de France (1), se monte. C’est en fait la loi d’autonomie des universités (SRU) de 2007 (2) qui autorise les établissements à les créer. Ce type d’entité est un vrai changement pour le monde universitaire. Celle de l’UPMC sera lancée officiellement en août 2009. Yvanie Caillé en sera la directrice générale.

Autonome, l’UPMC va désormais pouvoir faire appel aux fonds privés (lire en encadré). « L’établissement de synergies avec le monde économique est une des clés pour investir. La Fondation souhaite soutenir l’université dans toutes ses missions, rendre possible le financement de grands projets de l’UPMC, la création de chaires d’excellence ou de bourses », explique Yvanie Caillé, dans son bureau, au 16e étage de la tour du campus de Jussieu. Avec une vue imprenable sur la capitale, presque à 360 degrés, la directrice générale reçoit et démarche les financeurs probables au siège de la Fondation.

Des conventions de mécénat se préparent déjà. « Les premiers fruits sont en train de mûrir. C’est un vrai défi pour nos universités mais aussi pour le pays », estime Yvanie Caillé. Avec de telles fonctions, il reste peu de place dans l’emploi du temps pour les déplacements dans l’Orne. « J’y vais deux à trois fois par an, mais mes parents viennent sur Paris. Quand je suis à Alençon, j’ai mes habitudes comme le marché du samedi matin. » Plus beaucoup de temps non plus pour son cheval « Rahim », 27 ans, un pur sang arabe qu’elle affectionne.

Inscrite au Cercle des Ornais de Paris, Yvanie Caillé garde ainsi un lien avec son département d’origine. Un autre style de fondations ou de racines. Terriennes cette fois.

(1) En 2009, les classements internationaux placent l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC) au premier rang des établissements français d’enseignement supérieur (selon le classement de Shanghaï), loin devant les meilleures grandes écoles et à la 6e place européenne. L’UPMC compte 30 000 étudiants, 10 000 personnels dont 3 250 enseignants et chercheurs et hospitalo-universitaires sur… 475 000 m2 répartis sur 33 sites (le plus important est celui de Jussieu à Paris), 4 régions et 7 départements français !

(2) Depuis 2007, 26 fondations ont déposé leurs statuts, avec 62 millions d’euros revendiqués. Une trentaine d’autres dossiers seraient en préparation. Dons possibles à la Fondation UPMC : Créée en août 2009, la Fondation partenariale de l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC), personnalité morale, peut recevoir des dons, donations et legs, provenant de particuliers, d’entreprises ou d’autres fondations françaises ou internationales. Ses donateurs peuvent bénéficier de l’ensemble des avantages fiscaux liés au mécénat. Ainsi, une entreprise bénéficie d’une déduction fiscale de 60 % du montant du mécénat, dans la limite de 0,5 % de son chiffre d’affaires HT. Si le don dépasse cette limite, l’excédent peut être reporté sur les cinq exercices suivants.