Les pompiers de l'Orne à l'honneur lors d'Orn'estival

20 000 mains pour applaudir les pompiers

Quand la foule se lève, pour applaudir… des deux mains ! Ça fait “du bruit pour nos pompiers”, qui étaient les invités d’honneur du Conseil départemental, samedi soir, à Orn’Estival.

Actualité - 23/08/2026

Plus de 20 000 mains levées et de puissants applaudissements, samedi, à l’ouverture du concert Orn’Estival. À l’honneur, les sapeurs-pompiers de l’Orne, représentés par une centaine de professionnels et volontaires des différents Centre d’incendie et de secours.

Les Soldats du feu ont été auparavant reçus par le président du Conseil départemental, Christophe de Balorre, pour « saluer leur dévouement en ce début d’été caniculaire particulièrement éprouvant. ». Des « remerciements mérités » et des « encouragements chaleureux » leur ont été délivrés, en présence notamment des équipes intervenues en renfort lors des feux de forêt dans le Midi.

Christophe de Balorre soutien les pompiers de l'Orne

Le président du Conseil départemental lance les Assises des pompiers de l’Orne

Cinq questions à Christophe de Balorre, président du Conseil départemental de l’Orne et président du Conseil d’administration du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 61).

 

Question : Le dérèglement climatique impacte-t-il vos politiques départementales ?

CdB : « Il y aura effectivement un “avant” et un “après” été 2026. Le Conseil départemental n’a pas attendu ces épisodes caniculaires exceptionnels pour élaborer et mettre en œuvre son nouveau Plan climat 2024-2030. Il vise, sur l'ensemble du territoire, la transition écologique, la sobriété énergétique et l'accompagnement des différents acteurs locaux.

Dans le même temps, le Département a débloqué des moyens conséquents pour préserver la ressource en eau. S’agissant des pompiers, des financements supplémentaires s’imposent autant qu’une remise à plat de leur prise en charge. »

 

Question : Qui paye pour les pompiers ?

CdB : « Le soutien du Conseil départemental à nos sapeurs-pompiers ne s’est jamais démenti. Nous finançons le fonctionnement du Service départemental d’incendie et de secours, le SDIS 61, à hauteur de 60 %, alors que la moyenne nationale se situe aux environs de 50 %. Dans l’Orne, le bloc communal – communes et intercommunalités – est donc moins sollicité : il assure 40 % de la dépense. Cette répartition tient de l’histoire et, précisément, de la relation financière Département-Commune établie voilà un demi-siècle. Un tel schéma atypique, devenu obsolète, est sans aucun doute à revoir. J’ai bon espoir que l’on puisse le faire évoluer, dans la concertation.

Dans ce contexte particulier, le Conseil départemental a largement financé l’adaptation du service face à de nouveaux enjeux majeurs, dont le développement du secours à la personne et des feux de végétation : la contribution du Département au budget du SDIS 61, c’était 10,2 M€ en 2025 et, cette année, c’est 10,7 M€, auxquels s’ajoutent 200 000 € pour le Centre départemental d’appels d’urgence. En dépit des contraintes budgétaires, je me suis d’ores et déjà engagé, devant les pompiers eux-mêmes, à augmenter le financement du Conseil départemental.

Face aux besoins exprimés ces dix dernières années, nous sommes rapidement passés de la réflexion à l’action, tant pour le renouvellement des véhicules et matériels, que pour l’acquisition d’équipements, dont ceux de protection individuelle. La sécurité des sapeurs-pompiers a toujours été l’une de nos priorités, d’ailleurs reconnue à la hauteur des efforts consentis. Et on ne transige jamais avec la sécurité ! »

 

Question : Entendez-vous le message des pompiers ?

CdB : « La séquence estivale a réenflammé certains messages, que j’entends, que j’écoute, que j’analyse. Les questions de moyens, humains et financiers, sont intimement liées. Et elles ne sauraient trouver une vraie réponse dans une rallonge financière ponctuelle, de la part du Conseil départemental, des intercommunalités, des communes…

Personnellement, je n’alimenterai jamais les incessants débats “professionnels-volontaires”. Nous avons besoin des uns et des autres, qui méritent tous notre profond respect et nos chaleureux encouragements.

Les difficultés d’ordre structurel, d’ailleurs soulevées depuis des années sans obtenir de réponse des gouvernements successifs, c’est au plan national qu’elles doivent être durablement résolues. Une remise à plat des financements et un engagement fort sur leur pérennisation sont indispensables. L’État doit, enfin, prendre ses responsabilités ! »

 

Question : L’État ne fait pas le job ?

CdB : « Appeler l’État à ses responsabilités est une nécessité absolue. Je le fais toutefois sans attendre tout d’une puissance publique devenue plutôt “impuissance publique”, vue la situation financière désastreuse dans laquelle notre pays continue à sombrer, faute de courage et de vision.

À titre d’exemple, citons les politiques sociales, pilotées d’en-haut par l’administration centrale sans aucune concertation, et totalement assumées par le Département qui, depuis quelques années déjà, frôle l’asphyxie financière. Dans ces conditions, imputables aux seules carences de l’État, le Conseil départemental n’a plus les marges de manœuvre suffisantes pour répondre à des besoins urgents clairement établis, dont ceux de nos sapeurs-pompiers. »

 

Question : Que proposez-vous ?

CdB : « Parce que je crois à l’action en proximité, j’ai décidé de lancer, dès septembre, une large concertation au travers des « Assises départementale des sapeurs-pompiers de l’Orne ». Volontaires et professionnels, élus et partenaires y seront naturellement associés.

Ensemble, face à un état des lieux chiffré et factuel, nous alignerons des pistes d’actions concrètes, envisageables rapidement et en local, tout en formulant des propositions que nous ferons remonter à l’État. Nous pourrons nous appuyer sur nos associations d’élus, que je sais également mobilisées sur ce sujet crucial de l’avenir de l’organisation de la Sécurité civile dans notre pays. »