Journée des nouveaux maires de l'Orne 2026 - D.Commenchal

Au Conseil départemental, le président du Sénat accueilli par une centaine de nouveaux maires

À l’invitation du président du Conseil départemental, Christophe de Balorre, le président du Sénat, Gérard Larcher, a présidé la journée des nouveaux maires, vendredi. Témoignages et échanges ont été appréciés des quelque cent-cinquante élus réunis à l’Hôtel du Département, dont une centaine de nouveaux maires.

Actualité - 30/05/2026

La plupart n’avaient encore jamais franchi les grilles de l’Hôtel du département. Pour une première, les nouveaux maires de l’Orne – une centaine sur les 140 élus en mars – ont eu droit au “tapis rouge”, alors que le président du Conseil départemental, Christophe de Balorre, avait un invité de marque, le président du Sénat – en personne : Gérard Larcher. Un agréable retour aux sources pour le deuxième personnage de l’État, né à Flers, dont le père a été maire de Saint-Michel-des-Andaines, de 1971 à 1983. Pour sa part, Gérard Larcher a exercé la fonction à Rambouillet (Yvelines) de 1983 à 2014. « Cette fidélité à l’engagement municipal donne une portée institutionnelle et humaine particulièrement forte, en cet instant où, de la plus petite commune de l’Orne au sommet de l’Etat, c’est la République française qui nous lie », a souligné le président de Balorre.

« Printemps des idées et des actions »

Pour avoir lui-même piloté le conseil municipal de Saint-Léger-sur-Sarthe pendant plus de vingt ans, Christophe de Balorre sait combien « une première élection n’est jamais synonyme d’un simple changement à la tête d’une commune. Elle affirme un engagement nouveau, vécu dans l’enthousiasme, parfois dans l’inquiétude, mais toujours avec la conscience aiguë de la responsabilité qui s’attache au mandat. C’est un printemps des idées et des actions. (…) Être maire, c’est entrer dans l’intimité de la vie des familles. C’est être à l’écoute de leurs attentes et de leurs besoins, de leurs fragilités et de leurs espoirs. C’est aussi porter, ici et là, la voix des habitants, qui attendent beaucoup de nous ; nous devons être au rendez-vous ! »

Christophe de Balorre s'exprime lors de la journée des nouveaux maires 2026 - D.Commenchal
Christophe de Balorre s'exprime lors de la journée des nouveaux maires 2026 - D.Commenchal

C’est précisément « pour leur faciliter la tâche au quotidien » que le président a voulu réunir les nouveaux maires : « Ici, vous êtes chez vous. Mais le Conseil départemental n’est pas seulement ici, au siège de notre institution, qui compte plus de 1 700 agents, exerçant une centaine de métiers différents. Il est partout dans l’Orne, grâce à ses 42 élus, toujours en lien avec nos services administratifs et techniques. » Leur présentation a permis d’illustrer que « le couple Département-Commune demeure un pilier historique et vivant de notre organisation républicaine.  Il incarne un équilibre précieux entre proximité et solidarités. »

« Partenaire fidèle et engagé »

La proximité, c’est – « avant tout » – le maire, « à qui l’on parle sans rendez-vous, que l’on interpelle sur la place du village ou au coin de la rue ; il incarne la première porte du service public ». Les solidarités, c’est – « naturellement » – le Département, « présent auprès des familles et des territoires, au travers d’un service public solide et performant, dont le rôle, les missions, les outils en font le premier partenaire de nos communes, fidèle et engagé ». 

S’agissant du couple Département-Commune, qu’il place précisément « en toute première ligne », le président de Balorre le voit comme « une alliance, plus qu’un principe qui permet de ne pas se concurrencer mais de se compléter, sur une base essentielle : la confiance ». Message clair en direction des maires : le Conseil départemental est l’une de leur boite à outils, mise à disposition « pour faire aboutir des projets concrets et nécessaires, que les communes ne pourraient porter seules ! »

L’ingénierie départementale

Discours de Gérard Larcher lors de la journée des nouveaux maires de l'Orne - D.Commenchal
Discours de Gérard Larcher lors de la journée des nouveaux maires de l'Orne - D.Commenchal

Pour le président du Sénat, le Conseil départemental de l’Orne ressemble « à un couteau suisse qui facilite la vie des maires au quotidien ». Sa solide expérience fait dire à Gérard Larcher que « ce n’est pas partout le cas et vous avez de la chance. À vous de la saisir ! (…) C’est vous qui, les premiers, répondez aux défis de demain. C’est par la Commune, en lien avec le Département, que nous parviendrons à renouer avec la confiance des Français et à refaire Nation ».

Ardent défenseur d’un « aménagement équilibré du territoire », le président Larcher a salué les nombreuses aides aux communes développées par le Conseil départemental. S’il a souligné « la pertinence des dispositifs financiers, au travers notamment des contrats de territoire, établis en liens avec la Région », il a mis en avant « la qualité de l’aide apportée par l’Agence départementale d’ingénierie et la diversité des accompagnements assurés, avec un catalogue d’offres très large qui permet même de conduire des projets dans les meilleures conditions, jusque dans les communes les plus modestes ».

« Le mandat de l’espérance »

Au fil des tables rondes de la matinée, la revitalisation des territoires, la décentralisation, l’action en proximité et l’accès aux soins ont donné lieu a des témoignages visiblement appréciés des nouveaux maires. Dans un contexte qu’il reconnait « difficile », le président du Sénat les a rassurés : « Je voudrais voir dans cette période qui s’ouvre, le mandat de l’espérance. » 

« Simplification, clarification et bon sens » : voilà ce que Gérard Larcher appelle de ses vœux, face à « l’État qui veut à la fois décentraliser et garder la main sur tout ! ». Et d’ajouter : « Nous avons besoin d’un État accompagnateur, pas d’un État contrôleur ! Il doit redonner aux maires la liberté d’agir ».

Rappelant que « les collectivités territoriales, c’est 70% de l’investissement public », le président du Sénat a salué des « maires bâtisseurs », conscient que « l’on ne pourra pas redresser le pays sans les collectivités territoriales et sans un lien de confiance durablement retrouvé avec l’État »
 

Santé : l’Orne attend 26 médecins juniors

L’accès aux soins a été au cœur de la récente campagne municipale. Aucun maire ne le dément ! La table ronde sur la santé était donc très attendue au terne de cette rencontre des nouveaux maires de l’Orne. Une séquence marquée par des témoignages et des conclusions… sans langue de bois.

Journée des nouveaux maires de l'Orne 2026 - D.Commenchal

L’initiative du Conseil départemental de lancer un Centre départemental de santé, dont les effectifs atteignent une trentaine de praticiens salariés, séduit les territoires, leurs élus, les habitants et les professionnels eux-mêmes. « C’est l’un des volets d’une solution qu’il reste à compléter », reconnait le président de Balorre, insistant sur « la complémentarité entre les Centres de santé du Département et les cabinets libéraux ; l’essentiels c’est que les Ornaises et les Ornais qui n’en n’ont plus de médecin traitant en retrouvent un ».

« Une question humaine »

« L’Orne compte 126 généralistes pour 100 000 habitants, en dessous de la moyenne nationale établie à 146. C’est donc bien une question humaine qui se pose ici et ailleurs, pas un problème d’organisation, ni de structure, ni de locaux », note le président du Sénat. Et Gérard Larcher veut croire à « la réponse concrète que pourraient apporter les médecins-juniors qui vont bientôt nous arriver ». Il s’agit d’internes ayant obtenu leur thèse et pour lesquels la “pratique professionnelle autonome” est – depuis peu – possible, tout en restant supervisés par un médecin en exercice.

La balle est naturellement reprise au bond par Christophe de Balorre. Le président de l’Orne et ses équipes ont déjà bien avancé sur le sujet. « Nous attendons 26 médecins juniors ! », relève-t-il. Un « espoir », présenté avec une réelle satisfaction. Non sans, toutefois, la nuancer. « Oui, 26 c’est bien, très bien. Mais il nous en faudrait 50 ! » Des chiffres précis, lancés notamment en direction du Préfet et des parlementaires qui l’entouraient…

« Alors que ça n’est pas de sa compétence, le Conseil départemental a déjà beaucoup fait pour la présence médicale ; il s’agit d’un enjeu majeur dont l’État doit prendre toute la mesure. Il est plus que jamais nécessaire d’y apporter une vraie réponse nationale à cette exigence républicaine d’égalité entre les territoires et d’accès aux soins », a conclu le deuxième personnage de l’État. Et c’est précisément ce que les maires de l’Orne (et leurs concitoyens) attendent. De pied ferme !
 

Christophe de Balorre et Gérard Larcher lors de la journée des nouveaux maires - D.Commenchal
Christophe de Balorre et Gérard Larcher lors de la journée des nouveaux maires - D.Commenchal