Session plénière du 2ème trimestre du CD ©CD61

Des arbitrages à hauteur de 30 M€

Entre le compte administratif, qui scelle les résultats de l’exercice écoulé, et le budget primitif, affichant les prévisions pour l’année à venir, le Débat d’orientation budgétaire (DOB) permet de fixer le cap. Ce temps fort de la session du Conseil départemental d’automne intervient dans un contexte qui n’a jamais été aussi contraint. Les arbitrages budgétaires portent sur 30 M€.

Actualité - 25/09/2026

Ce vendredi 25 septembre, sous la présidence de Christophe de Balorre, l’assemblée départementale a posé les grandes lignes du budget 2027. Les tensions, déjà perçues depuis plusieurs années, s’accentuent. En témoigne le résultat du volet “fonctionnement” à fin 2025, de 8 M€ ; il était le double un an plus tôt ! Et côté investissement, seuls une gestion prudente et des marges de manœuvre sagement cumulées ont permis de préserver le programme annuel à un bon niveau : 78,2 M€.

L’effet ciseaux : une réalité

Tracer les contours du budget 2027, en vue de son adoption fin novembre, tel est l’objectif du Débat d’orientation budgétaire (DOB). Les premières prévisions seront affinées au fil des prochaines semaines. Elles serviront de bases aux différents arbitrages qui s’imposeront, notamment dans un contexte de plus en plus contraint.

Pour la 3e année consécutive, la construction du budget départemental est difficile. « Nous sommes confrontés à trop d’incertitudes sur à nos recettes, auxquelles s’ajoute un flou considérable quant aux dotations de l’État », résume le président du Conseil départemental. Inquiétudes, aussi, alors que « le projet de Loi de finances n’est pas encore déposé à l’Assemblée nationale ». Inquiétudes, encore, « face à une croissance très faible en 2026, qui complique fortement l’équation budgétaire ! »

2027 confirme une nette progression des dépenses courantes (+ 3,5 %) qui, pour une très large part, sont subies, notamment au titre du “social” qui représente près de 70 % des charges. À l’inverse, les recettes sont devenues très peu dynamiques (+ 1 %), alors qu’aucun levier ne permet de les faire évoluer. « L’effet ciseaux, tant redouté, n’est plus une menace, c’est dorénavant une réalité prégnante ! Nos marges de manœuvre sont plus que réduites et nos excédents se consument », déplore Christophe de Balorre. Il voit la préparation du budget 2027 s’imposer comme un « exercice d’équilibriste », dans lequel, « contrairement à l’État, dont la dépense bat tous les records, le Conseil départemental peut compter sur les effets d’une gestion saine et d’une maîtrise des charges qui permettent, pour le moment au moins, d’amortir les chocs ».

Des besoins en constante progression

« Nous subissons de plein fouet le constat dressé par la Cour des comptes dans son rapport annuel sur les finances publiques locales : “une composition des recettes inadaptée aux dépenses” Parallèlement, les besoins sont en constante progression, pour l’accompagnement des personnes en difficulté, la protection de l’enfance notamment », explique le président. Les dépenses à caractère social, inexorablement alourdies par les politiques nationales décidées par l’État qui n’en assume qu’une partie des coûts, pèsent plus de 70%. Toutefois, « la feuille de route prévoit des investissements d’avenir à un bon niveau d’engagement ».

Les priorités demeurent les collèges (reconstruction, réhabilitation, équipement) pour 25,2 M€, les routes, pour 17 M€ (aménagements d’infrastructures et d’ouvrages d’art), le développement durable des territoires (politiques de l’agriculture et de l’eau, voies vertes et espaces naturels), pour 6,4 M€. Sans oublier le remboursement annuel du capital des emprunts en cours, qui se maintient à hauteur de 17 M€. Soit, déjà, plus de 65 M€…

« Faire des choix »

Pour boucler le budget primitif 2027, qui devra être voté à l’équilibre fin novembre, un rééquilibrage s’impose, à hauteur de 18 M€ pour le fonctionnement et de 12 M€ au niveau de l’investissement. Autrement dit : « L’écart se creuse, à 30 M€ cette fois ; c’est le double de l’an dernier ! »

« Nous allons devoir faire des choix et prendre nos responsabilités, comme nous avons toujours su le faire. Mais l’exercice redouble de difficultés, à un niveau inédit, alors qu’il nous appartient de continuer à assumer nos obligations, mais aussi nos ambitions pour notre territoire et pour ses habitants », assure Christophe de Balorre. 

Bonne nouvelle – persistante – au passage : la dette s’affiche « au vert », avec un encours qui est contenu en dessous de 130 M€, à un taux moyen de 2,55 %. « Notre dette par habitant s’établit à 468 €, inférieure de 8 % à la moyenne des départements comparables, qui est de 509 € », relève le président.

Les élus valident le Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques 2026-2030

« Alors que l’activité des sapeurs-pompiers a été, à l’image des incendies XXL de Gironde et des Landes, hors normes », c’est dans un contexte particulier que le président du conseil départemental a proposé l’adoption du nouveau Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques (SDACR) pour la période 2026-2030. Les élus l’ont validé.

Outil majeur de la sécurité civile dans le département, le SDACR inventorie les risques, il mesure la capacité à y faire face et définit des objectifs de réponse. 

Il vise à mettre en perspective les besoins territoriaux et les capacités opérationnelles du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 61).

Nouveaus défis

Les enjeux s’inscrivent dans une logique de moyens et de résultats, en tenant compte des spécificités locales. Le SDACR 2026-2030 reconduit le maillage territorial actuel, avec 45 centres d’incendie et de secours répartis sur le département, et définit la répartition des moyens mis à disposition des sapeurs-pompiers volontaires (actuellement 1 507) et professionnels (111). Il sert de support pour la mise en œuvre des programmes d’investissements concernant les bâtiments et les véhicules, les matériels et les équipements de protection individuelles, mais aussi la formation, le recrutement et la fidélisation.

Une semaine après l’ouverture des Assises départementales des sapeurs-pompiers de l’Orne, qui a réuni une centaine d’élus et de “soldats du feu” à l’hôtel du Département, le président de Balorre met en perspective « deux questions essentielles » : “Quelle sécurité voulons-nous pour demain ?” “Quels moyens la nation est-elle prête à consacrer à la protection des Françaises et des Français ?” » Il précise : « Notre objectif est de faire le point, ensemble, face aux nouveaux défis qui se présentent : moyens financiers et humains, multiplication des feux de forêt, épisodes climatiques extrêmes, fatigue opérationnelle, … » 

« Les Départements ne pourront financer à eux seuls les efforts supplémentaires nécessaires. Pour 56 % en moyenne, les budgets des SDIS sont financés par les Départements, alors qu’eux-mêmes peinent de plus en plus sous le poids des charges imposées par le pouvoir central. Dans l’Orne, c’est près de 60% ! », assure le président de Balorre. Il « attend, de pied ferme, des décisions de l’État et, surtout, des engagements dans la durée ».

La session du Conseil départemental en bref…

La ressource en eau, en crise.

« Cet été éprouvant a vu les températures atteindre des records historiques. Une sécheresse durable s’est installée et des tensions inédites ont pesé sur notre ressource en eau. Plusieurs secteurs du département ont été placés en situation de crise, avec des restrictions importantes pour les particuliers, les entreprises et les agriculteurs », note le président de Balorre, qui entend « privilégier le concret, comme nous avons déjà commencé à le faire ». C’est-à-dire : « Investir dans la protection de la ressource en eau Nous allons sécuriser durablement notre stratégie en faveur de l'eau. Nous devons mettre l’accent sur la lutte contre les fuites (déjà très engagée), le stockage de l’eau, la modernisation des réseaux, la préservation des nappes et des cours d'eau. »

« Continuer à adapter nos bâtiments publics, dont ceux de nos collèges » est une autre priorité pointée par Christophe de Balorre. Il insiste, tout autant, sur « la nécessité de préserver, collectivement, ce qui fait la force de notre département rural : les haies, les forêts, les zones humides, les paysages, qui sont autant de remparts naturels contre les excès climatiques ». Le « soutien aux agriculteurs dans les transformations qu’impose le climat » constitue un volet d’action que le Conseil départemental va également privilégier : « Nous avons décidé d’adapter nos aides aux petits investissements agricoles en finançant ceux concernant l’adaptation au changement climatique. C’est un coup de pouce utile et qui est attendu ! »

Bienvenue dans l’Orne !

« Au-delà des situations d’urgence que nous avons dû affronter ou accompagner, cet été a aussi révélé une autre réalité : alors que certaines métropoles ou départements souffraient de températures plus extrêmes encore, l’Orne a été référencée comme l'un des territoires français où l'on peut encore mieux vivre, respirer, trouver de la fraîcheur, bénéficier d'un cadre naturel préservé », retient le président de Balorre. « Des études ont ainsi souligné l'émergence de sept territoires parmi les espaces susceptibles d'offrir, demain, des conditions de vie plus supportables face au réchauffement climatique. C’est une bonne nouvelle pour notre département et un nouvel enjeu d’attractivité dont nous devons tenir compte et nous saisir, sans tarder. »

Tourisme : saison et arrière-saison.

Trop tôt pour faire un bilan ! Mais les premières tendances confirment que la Normandie tire son épingle du jeu. « L’Orne y contribue, même si les fortes chaleurs ont notamment pénalisé le cyclotourisme, très pratiqué chez nous. À l’inverse, les activités de baignade, qui se font de plus en plus rares dans notre département, ont connu un record de fréquentation, comme au Mêle-sur-Sarthe et à La Ferté-Macé », relève le Président du conseil départemental. 

« La saison aurait pu être exceptionnelle, si l’excès de chaleur n’avait pas freiné l’appétit pour les courts-séjours, qui sont nos produits-phares. La belle arrière-saison, avec un été qui semble ne pas vouloir finir, nous laisse toutefois augurer un rattrapage. » Au passage, Christophe de Balorre se réjouit des retombées de « la récente campagne de promotion touristique, axée sur le tourisme de proximité, pour lequel l’Orne a tant d’atouts, confortés par le coût élevé du carburant et les séquences de fortes chaleurs, qui incitent à des vacances plus proches et plus rafraîchissantes dans… l’Orne ! »

Assistants familiaux : le Département recrute.

Le conseil départemental renforce ses équipes de travailleurs sociaux « qui en ont tant besoin » et crée six postes. « La situation est tendue. Le nombre des informations préoccupantes qui nous remontent est en nette augmentation. Le travail social et la protection de l’enfance sont des préoccupations de chaque instant et nous sommes pleinement mobilisés. De plus en plus d’enfants en difficulté – 1 242 à ce jour – nous sont confiés pour être pris en charge par nos services. » Pour faire face à l’activité, et compte-tenu de départs en retraite, une vaste campagne de recrutement d’assistantes et d’assistants familiaux est lancée.

Carburants : coût “délirant”.

La hausse continue du prix des carburants, « qui génère des charges intenables pour les familles d’accueil » conduit conseil départemental à augmenter le montant des remboursements des frais de déplacement des intervenants sociaux. « Le coût délirant de l’énergie en général est une préoccupation majeure. Il frappe directement de très nombreux Ornais. Que faire sans véhicule, pour aller au travail, conduire son enfant à l’école ? Comment se chauffer cet hiver ? », ajoute Christophe de Balorre, mettant également en avant « des « conséquences désastreuses sur les finances des foyers mais aussi sur l’activité des professionnels : agriculteurs, transporteurs, soignants, intervenants à domicile, ambulanciers-taxis ».

Les Elles de l’Orne : le 11 octobre.

Les Conseillers départementaux, autour du président, Christophe de Balorre, ont revêtu le tee-shirt 2026, pour souhaiter plein succès à la 12e édition des Elles de l’Orne. Cette mythique course-marche au profit de la lutte contre le cancer, est organisée par le Département, en partenariat avec le club A3 Alençon Athlétisme, le dimanche 11 octobre, au Pôle universitaire d’Alençon-Campus de Damigny. Inscriptions en ligne sur www.lesellesdelorne.fr (jusqu’au 4 octobre).

Les Conseillers départementaux avec le tee-shirt 2026 des Elles de l'Orne ©CD61
Les Conseillers départementaux avec le tee-shirt 2026 des Elles de l'Orne ©CD61

La première séance pour Sophie Duval, élue du canton de Trun

Sophie Duval, conseillère départementale depuis fin juin (en lieu et place de Sandrine Chazé, députée de la 3e circonscription Flers-Argentan et conseillère municipale de Gouffern-en-Auge), œuvre désormais sur le canton de Trun, en binôme avec Frédéric Godet. Son engagement dans la vie publique s’inscrit dans une histoire familiale profondément ancrée dans le territoire ornais et le service de l’intérêt général.

Son père, Alain Duval, a été maire de Saint-Lambert-sur-Dives, de 2001 à 2014, tandis que son oncle, Roger Duval, a été Conseiller général du canton de Gacé, de 1945 à 1988. Sophie Duval maîtrise les responsabilités de l’action publique en local, par son propre engagement, puisqu’elle assume les fonctions d’adjointe au maire de Trun.

Au Conseil départemental, l’élue du canton de Trun a été désignée pour siéger au sein de la Commission des affaires sociales et de l’habitat.

« Nous sommes heureux de l’accueillir officiellement, aujourd’hui, parmi nous. Et nous lui souhaitons une pleine réussite dans l’exercice de son mandat », a conclu le président de Balorre, alors que Sophie Duval vivait sa toute première séance plénière.